Faut-il vendre l'eau du Nord-du-Québec?
Marie-Eve Bernard
Général - Publié le 8 août 2009 à 09:00
À la mi-juillet, un ancien ingénieur d'Hydro-Québec a suscité la controverse en suggérant, dans une étude intitulée « L'eau du Nord », de détourner les trois grandes rivières de la baie James pour vendre de l'eau douce à l'Ontario et aux États-Unis.
Pierre Gingras soutient que les gouvernements pourraient réaliser des milliards $ de profits en canalisant les eaux de crues de ces rivières pour les diriger vers le fleuve St-Laurent et la rivière Outaouais.
Les surplus d'eau ainsi créés maintiendraient un niveau normal dans le fleuve et hausseraient celui des Grands Lacs, alors cette région pourrait vendre son excédent d'eau. Les profits seraient accrus par la production d'hydroélectricité le long de la canalisation.
Pour et contre
C'est l'Institut économique de Montréal qui a publié l'étude « L'eau du Nord », et il s'est dit très intéressé par cette idée. Selon le président Michel Kelly-Gagnon, le projet mérite d'être approfondi par des études d'impacts environnementaux et économiques.
« Évidemment, on ne propose pas de lancer des grues demain matin. Mais à première vue, ça semble quelque chose de sérieux qui permettrait de valoriser la richesse de notre or bleu d'une façon écologiquement responsable », a-t-il déclaré à Radio-Canada.
Ce n'est pas tout le monde qui est de cet avis. La porte-parole de la Coalition Eau Secours, Martine Ouellet, trouve qu'il est dangereux de commercialiser l'eau.
« Une fois qu'on exporte une molécule d'eau, ça devient un bien de commerce qui est soumis aux accords internationaux. À ce moment-là, ce sont alors les tribunaux internationaux qui tranchent et le Canada et le Québec perdent la souveraineté sur leur ressource. La dérivation des eaux de crues pourrait aussi avoir un impact sur les écosystèmes », a-t-elle fait savoir.
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